Dossier / Grossesse et santé mentale

← Revenir au dossier

Pères et coparents : leur santé mentale compte aussi pendant la période périnatale

La santé mentale autour d’une naissance ne concerne pas uniquement la personne enceinte. Recherches sur les pères, limites des données et soutiens pour les coparents.

4 min de lecture · Information sourcée · Publié le 14 octobre 2026

Vérification éditoriale : 14 octobre 2026. Aucune relecture médicale déclarée.

Illustration : un parent se repose pendant qu’un autre prend soin du bébé dans une pièce lumineuse.
Illustration éditoriale générée par IA. Aucune personne réelle ni situation clinique n’est représentée.

Un père ou un coparent peut aussi rencontrer une difficulté psychique pendant la grossesse et après la naissance. Reconnaître ce vécu ne retire rien aux besoins de la personne enceinte ou qui a accouché.

Une naissance peut changer plusieurs vies

Responsabilités nouvelles, inquiétudes, sommeil et liens peuvent être bouleversés pour le coparent aussi. Il peut être présent, investi et néanmoins en difficulté. Le rôle de soutien ne supprime pas un besoin personnel de soin ou d’écoute.

Cela ne signifie pas que toutes les expériences périnatales seraient identiques. La personne enceinte et celle qui accouche ont des besoins corporels et médicaux spécifiques. Reconnaître un vécu chez le coparent permet de regarder la situation plus complètement, sans mettre les souffrances en concurrence. La brochure de Psycom inclut explicitement mères, pères et coparents dans ce parcours. 3

Ce que les études sur les pères montrent

La méta-analyse de Cameron, Sedov et Tomfohr-Madsen publiée en 2016 rassemble des recherches sur la dépression chez les pères pendant la grossesse et après la naissance. Elle confirme que le sujet ne se limite pas aux mères. Les méthodes, les pays, les moments de mesure et les instruments d’évaluation varient cependant. 1

Un pourcentage moyen ne permet pas de prédire ce qui se passe dans une famille. Les recherches portent largement sur des pères et ne décrivent pas toutes les configurations : coparents de même sexe, parents non biologiques ou personnes dont les rôles diffèrent. Il faut dire clairement à qui les données se rapportent.

Les difficultés des deux parents peuvent être associées

La revue de Thiel et ses collègues examine les associations entre manifestations dépressives maternelles et paternelles. Les états des parents peuvent être liés dans les données ; cela n’identifie pas un parent qui aurait causé le trouble de l’autre. Événements, conditions de vie et ressources peuvent être partagés. 2

La conclusion pratique n’est pas de chercher un responsable, mais d’examiner les besoins de chacun et les soutiens possibles. Un suivi individuel et des discussions sur l’organisation familiale peuvent se compléter. Ils ne sont pas automatiquement la même intervention.

Voir pour comprendre

Deux expériences peuvent demander un soutien en même temps

  1. La personne enceinte ou ayant accouché

    Suivi obstétrical, récupération et vécu psychique.

  2. Le père ou coparent

    Transition de vie, vécu psychique et besoins propres.

  3. L’organisation partagée

    Ressources, relais et accès aux soins de chacun.

Repères d’accompagnement. Les réalités corporelles et les rôles ne sont pas identiques ; les études sur les pères ne représentent pas toutes les familles.

La souffrance peut être difficile à reconnaître ou à raconter

La personne peut penser qu’elle devrait être seulement solide et disponible. Elle peut aussi attendre d’avoir une difficulté jugée suffisamment grave, ou comparer son état à celui du parent qui a accouché. Ces façons de se taire ne sont pas une évaluation de santé.

Il est possible de commencer un rendez-vous par une description concrète : humeur changée, relations devenues difficiles, énergie réduite ou fonctionnement perturbé. Cela ne suffit pas à conclure à une dépression ; le professionnel examine d’autres causes et le contexte. Le coparent n’a pas à s’attribuer un diagnostic avant de demander une consultation.

Soutenir ne signifie pas porter seul

Un coparent peut aider à préparer des rendez-vous, prendre en charge des tâches et préserver du temps de récupération. Il ne devient pas pour autant responsable de diagnostiquer, de choisir un traitement ou de garantir que tout ira bien. Les autres proches et les services disponibles peuvent aussi participer.

La HAS décrit un accompagnement coordonné tenant compte des dimensions médicales, psychiques et sociales. Les relais restent à adapter à la situation et aux souhaits des personnes. Prendre soin de la santé d’un parent peut faciliter l’organisation, mais le soutien ne doit pas dépendre d’une obligation de redevenir rapidement performant. 4

Demander de l’aide pour soi reste possible

Le médecin traitant constitue une porte d’entrée pour parler d’une difficulté psychique. Le coparent peut également demander aux professionnels du parcours périnatal vers qui être orienté. Il faut vérifier les services disponibles localement, les qualifications et les conditions de prise en charge.

Le suivi de la personne enceinte ou ayant accouché ne remplace pas automatiquement un suivi pour le partenaire. Notre guide des interlocuteurs et Qui consulter ? aident à préparer une question. En cas de danger ou de détresse urgente, il faut rechercher une aide immédiate plutôt qu’un simple conseil de couple.

L’inclusion n’efface pas les limites de la recherche

Utiliser le mot coparent ouvre le dossier à différentes familles. Cela ne transforme pas des résultats observés surtout chez des hommes hétérosexuels en preuve équivalente pour toutes les identités et situations. Les données doivent rester décrites avec leur population, leur contexte et leurs limites.

L’OMS invite à adapter les services au contexte et à accueillir les difficultés sans stigmatisation. Sur Espritium, cette attention signifie à la fois donner une place aux vécus et ne pas inventer une précision scientifique là où elle manque. L’écoute peut être inclusive même lorsque les connaissances disponibles sont incomplètes. 5

Quelques questions, simplement

Revenir aux repères essentiels.

Un père peut-il être concerné par une dépression autour d’une naissance ?

Oui. Des recherches spécifiques existent, sans permettre de conclure pour une personne à partir d’un article.

Est-ce une compétition avec la souffrance de la mère ?

Non. Plusieurs personnes peuvent avoir besoin de soins ou de soutien, avec des besoins différents.

Les études sur les pères valent-elles pour tous les coparents ?

Pas automatiquement. Les populations étudiées doivent être précisées et les limites rendues visibles.

Vérifier, approfondir

Sources et limites des connaissances

Recommandations, synthèses et études individuelles sont distinguées ci-dessous. Consultation éditoriale le 14 octobre 2026. Il ne s’agit pas d’une relecture médicale.

  1. Revue systématique et méta-analyse · résumé Prevalence of paternal depression in pregnancy and the postpartum: An updated meta-analysis ↗

    Emily E. Cameron, Ivan D. Sedov et Lianne M. Tomfohr-Madsen · 2016 · Journal of Affective Disorders, 206, 189–203

    DOI : 10.1016/j.jad.2016.07.044

    Recherche principalement menée auprès de pères. Elle ne représente pas toutes les configurations de coparentalité ni tous les instruments d’évaluation.

  2. Revue systématique et méta-analyse The Relationship Between Paternal and Maternal Depression During the Perinatal Period: A Systematic Review and Meta-Analysis ↗

    F. Thiel et al. · 2020 · Frontiers in Psychiatry

    Synthétise les associations entre symptômes des deux parents. Une association n’identifie pas un parent responsable de la souffrance de l’autre.

  3. Information publique Santé mentale, grossesse et parentalité ↗

    Psycom · 2025 · Brochure d’information

    Repères pour parents et proches. Le parcours peut concerner mères, pères et coparents ; les services disponibles varient selon le territoire.

  4. Recommandation Accompagnement médico-psycho-social des femmes, des parents et de leur enfant, en situation de vulnérabilité, pendant la grossesse et en postnatal ↗

    Haute Autorité de Santé · 2024 · Recommandation de bonne pratique, 9 février 2024

    Recommandation française sur le repérage, les ressources et la coordination des soins. La vulnérabilité est évolutive et ne définit pas la valeur d’un parent.

  5. Guide institutionnel WHO guide for integration of perinatal mental health in maternal and child health services ↗

    Organisation mondiale de la Santé · 2022 · OMS, Genève

    ISBN 978-92-4-005714-2

    Guide d’organisation des services, fondé sur les connaissances disponibles. Il ne fournit pas un diagnostic personnel et doit être adapté aux ressources locales.

Signaler une information à vérifier

Relier les sujets

Une autre question à explorer.

Retrouver les 14 articles du dossier ↗
La lettre Espritium

Un peu de recul.
Un peu plus de clarté.

Une fois par semaine, comprendre
un peu mieux notre esprit.

Découvrir la lettre

Sans bruit. Sans injonction. À votre rythme.